Therion - Beloved Antichrist

Therion nous propose un nouvel album intitulé Beloved Antichrist. Un opéra rock écrit par le grand Christofer johnsson. Une œuvre inspirée de la 3ème partie du livre du philosophe russe Vladimir Soloviov, « La morale et la religion ». 56 titres (rien que ça) pour une durée de 3 heures, certainement l’album le plus long de la création. Est-ce que la performance est à la hauteur de la qualité ? C’est ce que je vous invite à découvrir avec moi dans cette chronique !

Après 3 écoutes (9H d’écoutes tout de même !) je dois avouer que cet album est de loin le meilleur Therion que j’ai pu entendre (Enfin pour la génération Therion d’après Theli). J’avais vraiment peur de passer 3H de calvaire. Et bien pas du tout ! Il faut bien entendu prendre cet album comme un long métrage et se mettre en condition pour une écoute confortable. De nombreuses voix viennent donner du corps à cette œuvre magistrale, chacune incarnant un des nombreux personnages de cet opéra rock (une trentaine tout de même). Voix féminines et masculines, dualités et tessitures variées donnent des couleurs uniques sans jamais nous faire oublier que nous écoutons du Therion. On ne s’ennuie pas une seconde, c’est une vraie prouesse.

Musicalement parlant on est dans un registre heavy, gothique avec toute l’inspiration classique nécessaire, trash par moment, et surtout très symphonique et lyrique. On est loin d’un album ‘Metal’, pour tout dire il est pour moi bien plus que ça et ce serait vraiment le diminuer que de le mettre dans cette case.

Des images viennent immédiatement en tête et on ne doute pas que l’objectif final est de fouler les planches avec une mise en scène fantastique. J’ai grande hâte de découvrir ce que prépare Christofer Johnsson. Cet album demande à l’auditeur de rentrer entièrement dans l’écoute, cela demande une vraie implication. On ne peut se dire « Tien je vais mettre la 7 c’est ma préféré ». Au mieux on peut faire une écoute en 3 fois, 3 étant le nombre d’actes construisant l’album. Cela fait déjà 15 ans que ce bijou musical est pensé, composé et arrangé. Il en ressort un projet ambitieux, lettré et profond.

Au niveau de l’histoire, pour faire simple (ça ne va pas être évident !), L’antéchrist viendra remettre les pendules à l’heure à l’humanité. Un messie qui par sa persuasion (Un peu violente hein, faut pas déconner c’est l’Antéchrist), rééquilibrera l’ordre établi en annihilant les classes sociales. Tout le monde à la même enseigne, salut la pauvreté, on est tous égaux devant moi… Une réflexion philosophique sur la guerre, la morale et la religion ainsi que sur l’état, la culture et l’église. Je ne vous en dis pas plus car dans toute philosophie il y a une part d’interprétation, et vous vous attacherez peut-être plus à un personnage qu’à un autre. Et c’est là le grand intérêt de ce chef d’œuvre. Quand je vous parlais d’implication, je vous parlais d’une vraie lecture et d’une écoute attentive. Jamais un album ne m’a poussé à creuser autant son sujet avant celui-ci. Il faut voir cet enchainement de titres comme la bande originale d’un film, avec ces moments forts, violents, et d’autres plus calmes. Je vous conseille vivement de l’écouter avec les paroles sous les yeux pour ne pas perdre le fil de l’histoire et vous faire avaler par la bête. Je vous conseille également d’aller au bout tant la puissance et la beauté vont crescendo, vous ne pouvez pas rater ce final unique et grandiose.

Accessible et à la fois complexe Beloved Antichrist marque les esprits. Loin des formats de l’industrie musicale actuelle, cette œuvre magistrale porte monsieur Johnsson au rang de compositeur de génie. Je suis admiratif devant tant de travail et je ne peux qu’être impatient de découvrir ce que cela donnera sur scène. Espérons qu’un bluray viendra compléter l’œuvre pour apporter l’image au son ! 20 sur 20 rien de plus à dire, un album pour les amoureux de la musique.