Main Square Festival 2017 - Jour 3

Major Lazer aura marqué le festival de son empreinte… Et les festivités vont vite, passent vite si bien que l’on arrive déjà à la troisième journée, et pas des moindres puisque Radiohead figure à l’affiche ! Mais plusieurs artistes de renommée se passeront le micro avant l’heure du final tant attendu, j’entends par cela que des artistes comme La Femme, Kensington et autres nouvelles valeurs sûres défileront sur une des scènes du Main Square Festival.

Bien que l’accès au centre ville soit bien plus épuré, nous loupons le concert du dernier gagnant du tremplin du Main Square (Vertigo), et nous assistons qu’à une infime partie du concert de Highly Suspect, venu défendre les couleurs de son dernier opus en date, The Boy That Died Wolf. En quelques mots, le concert est ponctué par des moments phares tels que le « Fuck You Trump » et les parties de guitare exécutées à bas-même le sol. Une belle performance qui donne envie d’en savoir un peu plus sur cette jeune formation. 

Le premier gig auquel nous pouvons assister dans son intégralité est donc celui de Kensington… Malheureusement, le ciel s’est couvert et il pleut. Les K-way sont donc de rigueur, mais ne comptez pas sur les fans du premier rang pour se dégonfler, de même pour les quatre musiciens. Ils proposent un Rock ’n’ Roll simple, mais terriblement efficace. il s’agit là de notes un poil étouffées qui laissent naître des rythmiques très « groovy », le chant, lui, reste très expressif ! Une fois les fans pris au jeu, ils sont prêts à clapper des mains, à danser comme le suggère Eloi Youssef en fin de gig sur « Fiji » tiré de Control, le dernier opus de la formation. Bref, Kensington n’a peut-être pas eu de chance, il a trainé un sale temps derrière lui, mais a quand même bien fait parler de lui et de son Rock bien agréable à l’oreille. 

C’est déjà au tour de Mark Lanegan Band de fouler la MainStage… Véritable légende dans le milieu du Grunge, Mark et ses musiciens se produisent pourtant en bas d’affiche… Mais ce n’est pas problème en soi puisque les performances délivrées par le musicien méritent que l’on s'y attarde. Dans le cadre du Main Square, le musicien présente donc ses morceaux très typés Rock dans l’ensemble… Trois guitaristes, rien que ça, se chargent de reproduire des chansons dont le style n’est pas sans rappeler celui d’un certain U2. Mais ce qui fait mouche au sein du public, c’est bien la tonalité particulière prise par le frontman. Pourvu d’une voix très grave et surtout très rocailleuse, le névrosé nous conte ses histoires personnelles qui invitent au voyage, tandis que les amplis de guitare Orange crachent leur venin. La mélancolie est souvent de mise, mais il nous faut avouer que, malgré un concert de très bonne facture, la fin se fait attendre… Let’s go la Green Room pour voir ce que les Spoon ont à nous offrir ! 

Qui ne connait pas encore les Spoon ? Vingt années de carrière, neuf albums studio  et désormais d’innombrables tournées à leur actif ! Les voilà enfin sous la Green Room, lieu rêvé pour promouvoir leur dernier méfait, Hot Thoughts paru via Matador Records. Vous connaissiez pas encore leur Rock classieux, typé « BC/BG » à la « Can I Sit Next To You » ? C’est désormais de l’histoire ancienne. L’extravagance de Britt Daniel n’a laissé personne de marbre. En vérité, c’est lui qui mène le jeu. Ses musiciens, eux, se chargent d’exécuter leurs parties : « ce morceau est le préférée de notre bassiste ! ». La voix très typée « Funk Rock » s’adapte aux guitares groovy, et si Spoon semble être resté très classique dans sa démarche, il ne l’est pas ! Britt Daniel reprend les codes d’une musique Rock en y inculquant quelques passages de clavier, réactualisant ainsi un style initié par les Beatles, notamment sur « Don’t Make Me A Target ». Pas mal ! 

Même à 76 ans, Steve Gene Wold continue de voyager et de promouvoir un mode de vie particulier, le sien ! Et l’histoire de cet homme, vous la connaissez tous. Il faut dire qu’il en a croisé du monde, Janis Joplin, et même Kurt Cobain… Néanmoins, ce n’est qu’en 2004 que sort son premier album solo, Cheap. Nous sommes en 2017, et le Blues Man a publié un nouvel album, c’est Keepin’ The Horse Between Me and The Ground, un opus qu’il est venu promouvoir au Main Square. Véritable bouffée d’air, retour à la simplicité, deux musiciens composent Seasick Steve. Une batterie, et une guitare, enfin, non beaucoup, beaucoup de guitares que Steve Gene Wold est venu nous présenter (c’est lui qui les a toutes fabriqués !). La classe… Alors le soleil d’aplomb donne des allures de Far West à la Citadelle Vauban d’Arras. On se prend au jeu du bottleneck, et on est pris d’affection pour ce vieux blues man qui fait sonner la corde d'acier de son instrument comme un orfèvre… On trinque avec lui à la santé des filles, on se raconte nos anecdotes sur le Tennessee et on fait venir une jolie fille sur scène, Nathalie, afin de lui interpréter une petite ballade. Et surtout, on n'oublie pas de la gratifier d’un vinyle dédicacé. Bref, c’est peut-être ça la magie du Blues Rock. Les grands esprits se rencontrent, on montre que la simplicité n’a que faire des dix mille autres artifices scéniques, inutiles à la construction d’un concert pertinent de bout en bout. 

Les Beatles ont toujours la côte en 2017 ! Le Sergent Poivre s’est même refait une beauté quarante ans après sa sortie… Et pendant ce temps-là, ellipse temporelle. The Lemon Twigs. À croire que certains groupes n’ont été bercés que par la culture issue de la génération du baby boom ! Le mimétisme des frères, Brian et Michael D’Addario est totalement impressionant. En une heure de jeu, ces frangins ont prouvé que l’on pouvait encore renouer avec le style des Fab Four en l’associant avec le Glam Rock de David Bowie. Le concert frôle donc la perfection sur le plan artistique et créatif lors de l’interprétation des missives « As Long As We’re Together », « Theses Words » et « How Lucky Am I ? ». Une excellente découverte ! 

Le temps de nous restaurer, nous assistons de loin à la performance de La Femme, véritable O.V.N.I. de la scène Pop française. Ça profite de la culture bobo en vogue, et ça fait la une des magazines. Cependant, les avis restent tranchés concernant ce phénomène. Ça passe, ou ça casse. Aujourd’hui, le Mainsquare. Le Malaise, le Néant, le Creux. Ça fait quinze minutes que La Femme joue et il ne se passe rien. On y voit des musiciens totalement superficiels qui manquent de respect au look des androgynes. Ce qui n’est pas encore très grave en soi. Encore aurait-il fallu que ces « musiciens » aient le moindre talent à revendre ! Ce qui n’est visiblement pas le cas. Le flow de paroles n’y est pas, et le groupe rompt directement avec les normes de la poésie Française. Allo Boileau ? Allo Verlaine ? À l’aide. AU SECOURS. Comment peut-on se moquer à ce point de la langue Française ? Ça tue le rythme, les mélodies sont cassées, et les compositions sont pompeuses. Les Inconnus n’auraient pas mieux fait. « Isabelle a les yeux bleus, ça passait encore » me sort un illustre inconnu. On n'aurait pas pu mieux dire. Ça chante faux, et les protagonistes de La Femme continuent leur show et font preuve de désinvolture. Bref, pas grand chose à retenir. Et du gâchis, beaucoup de gâchis. 

 

Naive New Beaters ! Nous rencontrons exactement le même problème que pour Rag ’n’ Bone Man. La Green Room est inaccessible… Nous ne pouvons qu’assister qu’à une infime partie du show de Naive New Beaters. En quelques mots, nous sommes très loin du concert de La Femme. Les protagonistes prennent du plaisir à se produire sur scène, et leur musique électro est de bonne facture. Naive New Beaters renoue avec l’imagerie des 80’s en termes d’Electro, mais ne fait jamais dans le kitsch, et fout la banane ! « Je vais le checker car il a fait un excellent boulot » dit l’un… Oui, quand on vous parlait de gâchis sur la MainStage. 

La Green Room inaccessible, la MainStage nous offre une vue imprenable sur le show de Savages. Mais qui sont-elles ? Ce sont quatre femmes britanniques, quatre musiciennes qui distillent un Rock dur qui balaient les restes laissés par les misérables La Femme. Chez elles, pas de chichi, pas de blabla, on va droit à l’essentiel et on joue une musique Rock/Punk sans faire de concession. Ainsi, les tranches « Sad Person », « Shut Up », « Hit Me » montrent des musiciennes charismatiques (notamment la chanteuse et ses mimiques - quelle expressivité !) qui ne font pas dans la dentelle. Vraiment, il fallait le faire… Mettre des vraies Femmes, après La Femme. On appelle ça l’ironie du sort. Si on pouvait nous apporter quelques éclaircissements à ce sujet…  

Pas de doute, tout le monde était là pour assister de loin ou de près au concert de Radiohead. Vous savez, « Creep » & co font partie des incontournables du genre. Qu’on soit ou pas fan de Radiohead, il faut toujours garder en tête que la formation demeure l’une des pierres angulaires du patrimoines Rock britannique aux côtés de Pink Floyd, U2 et autres The Beatles. Les fans en sont conscients, pas le temps de reprendre notre souffle que nous nous retrouvons propulsés à l’extrême opposé de la scène. Même si le concert est de bonne facture, nous ne sentons plus trop concerné par le concert d’un groupe qui a préféré profiter des grands écrans pour projeter diverses animations, autres que ce qui se passe sur scène. Conséquence, nous n’avons presque rien vu. L’ensemble sonnait particulièrement bien, et les gros classiques (« Bloom », « All I Need », « Let Down »…) étaient au rendez-vous… Au vu des photos prises par les fans, le show devait être démentiel. Tout le monde pouvait en profiter, à condition d’avoir fait preuve de patience, et avoir attendu 8 heures aux barrières. 

Nous quittons le Main Square sur un goût d’inachevé, mais de cette édition 2017, nous gardons en tête d’excellentes images. Gageons que Live Nation & la ville d’Arras continueront, et qu’ils fêteront dignement le quinzième anniversaire de l'événement l’année prochaine ! Dernière remarque, un revêtement du par terre serait le bienvenue. Vous savez, les bouchons de bouteilles ne sont rien comparé aux énormes cailloux qui jonchaient le sol cette année.