Main Square Festival 2017 - Jour 2

Hier, System Of A Down était la formation à voir ! Les Metalheads s’étaient passés le mot… Néanmoins, bien que notre ligne éditoriale s’inscrive dans le Rock, Metal et ses dérivés, nous nous sommes laissé aller et avons décidé de couvrir les trois jours. La journée du samedi est, elle, marquée par la venue de Major Lazer et de Kungs, véritables références du genre électronique.

 

C’est contre notre gré que nous loupons le show de June Bug… Nous nous retrouvons devant le concert de The G, un jeune duo de Rock. Deux frères, et une passion commune pour le Classic Rock… C’est ça qui les a amenés à faire de la musique ensemble, et malgré leur jeune âge, ils n’ont pas eu peur de fouler la grande scène du Main Square. Bourré d’assurance, leur concert est rythmé par des animations visant à réveiller un public qui souffre encore de sa gueule de bois de la veille. Mais les jeunes filles sont là, et ne restent pas de marbre… Les jeunes musiciens font tomber leur chemise avant de reprendre leur show. Bref, ils sont conscients de leurs atouts - Néanmoins, il ne faudrait pas résumer le concert des garçons à cela. Derrière ces exhibitions se cache un duo qui joue un Rock d’énervé nourri de quelques touches électro pas dégueulasses. Bref, c’est une belle entrée en matière. 

 

Walking On Cars ! Formés en 2010 en Irlande, les Walking On Cars ne sortent que leur premier EP en 2014, puis leur premier opus en 2016. Ils peuvent enfin se produire un peu partout. Le Main Square n’est donc une étape, mais ils profitent de la Green Room pour présenter leur Pop dans d’excellentes conditions. Rien de très foufou à l’horizon, la basse est très présente et recouvre les parties de guitare. Mais, on retiendra surtout une formation qui fait plaisir à ses fans, qui calme les ardeurs des fans de V.A.L.D. présents sur place. Tout est en ordre, les claviers et les boites à rythme donnent de la couleur à un Rock qui a pourtant beaucoup du mal de prendre du relief. On retiendra néanmoins le charisme évident des protagonistes qui n’hésitent pas à présenter un tout nouveau titre qu’ils ont composé il y a un mois et même une reprise de « Scared To Be Lonely » (Dua Lipa). C’était une belle prestation, qui manquait toutefois de folie ! 

Talisco ! Non, ce n’est pas une enseigne Américaine de supermarchés ! Ils sont bien plus que cela… Et bien plus connus qu’on ne le croit ! Deux de leurs titres ont fait l’objet de bandes sonores pour la publicité, et ont donc profité d’une exposition importante… Alors, la masse était au rendez-vous devant la Main Stage pour se déhancher au rythme de « Stay », « Your Bish » et « The Key »… Les membres, dont le frontman, n’hésitent pas à exhiber leur joie. Ce dernier clame haut et fort : « J’aimerais bien que vous soyez à ma place pour que vous puissiez voir la vue ». Bref, le concert est de bonne facture, le groupe a réussi à agencer de manière assez subtile leurs différentes sources d’inspiration, à savoir le Rock et l’Electro. Gageons que ce coup de projecteur puisse permettre à cette « encore » jeune formation de continuer à se produire sur de grandes scènes, car elle le mérite. 

Alors, de l’autre côté de la Main Stage, nous découvrons Xavier Rudd qui a déjà bien entamé son concert ! Pas du doute, une nouvelle couleur locale tribale s’est installée sur la Green Room. On y a vu un musicien Australien aux multiples talents mélanger musique traditionnelle et Electro… Ça fait du bien ! Ne se fixant aucune limite, il revisite à sa façon les codes de la Pop, mais aussi et surtout du Reggae. De plus, les instruments traditionnels sont alternés par des guitares… Xavier, lui, est torse-nu, ne cesse de varier les intonations de son art et accompagne ses morceaux de touches de sympathie bienvenues. Douceur, incantations locales, il ne fait aucun doute que Xavier Rudd a remporté dans son sillage une belle panoplie de nouveaux fans ! Bien joué ! 

 

Cage The Elephant était une des seules formations typée Rock à se produire ce samedi… Du coup, les fans d’Electro avaient le choix, soit prendre une pause, ou soit élargir leur culture musicale. Dans l’ensemble, ils ont préféré jouer le jeu du Rock bien gras proposé par ces serviteurs. Et oui, car Cage The Elephant, c’est quoi ? C’est avant tout l’histoire d’un frontman décadent qui n’en fait qu’à sa tête et qui va chercher les spectateurs dans le seul but de de les captiver. Même l’attention du jeune boutonneux du premier rang en train de manger sa fricadelle a été mobilisée, c’est dire ! Bref, la folie est de rigueur, et le sosie gestuel de Mick Jagger affiche une forme resplendissante. Il n’y avait qu’à voir son faciès pour comprendre le plaisir que prenait ce frontman. « Trouble », « Cold Cold Cold » et autre « Teeth », tout y passe ! Les guitares bien Rock se fondent dans un tandem basse/batterie détonnant… Ainsi, nous n’étions pas très surpris de voir quelques zèbres et licornes se faire slammer dans le public… Aura également fait mouche ce petit clin d’oeil à Edith Piaf en fin de Gig « Je voiiiiis la viiiiie en Roooooose… ». Une fan brandissait une pancarte indiquant qu’elle était la plus grande des fans. Est-ce encore le cas après ce concert ? L’a-t-on détrônée ?

Erreur de casting ! Quand nous arrivons devant la Green Room pour assister au Show de Rag ’n’ Bone Man, le public s’était déjà amassé par millier. La Green Room est tellement blindée qu’elle ne nous permet d’apprécier la musique du bonhomme dans de bonnes conditions. Plusieurs enseignements : Rag n’ Bone aurait dû être programmé sur la Main Stage, deuxièmement, les concerts du chanteurs, mêlant à la fois R ’n’ B, Soul, Funk et sensibilité ont trouvé preneurs. C’est à dire que l’émotion dégagée par la voix de Rory Graham est remarquable. Et dire qu’il n’a sorti qu’un seul album, Human, à ce jour. Quel succès, quelle frustration pour nous, nous retournons à la Main Stage nous faufiler parmi les premiers rangs afin de ne pas rater une miette du concert de Jain, révélation de la Pop française. 

Jain… Les Victoires de la Musique Française, c’est elle ! Des tubes, elle en compte sur son premier album, Zanaka… Alors, maintenant, elle se produit sur scène en toute simplicité ! Un concert moderne, et des musiciens introduits en cours de route, une innocence juvénile, et un charisme à l’ancienne - c’est ça Jain. On ne peut s’empêcher de porter cette jeune interprète dans notre coeur, puisque la légèreté et la rigueur sont de mise. Ainsi, le public, en grande majorité féminin, a chanté en coeur les tubes issus de  Zanaka à commencer par « Mr Johnson » suivi de près par « Heads Up »… Les interventions de la jeune musicienne sont assez décalées, elle présente ses morceaux de manière assez originale : « Ce morceau, je l’ai écrit la nuit, je n’arrivais pas à dormir, il devait être midi ! ». Un concert plein de légèreté en somme, qui a été marqué par l’interprétation sans faille de « Come » au cours duquel le public a été mis à contribution lors du refrain (repris grâce à des boucles). 

Les teenagers de France et de Navarre étaient sûrement venus pour assister au show du nouvel ennemi public #1 : « V », « A », « L », « D ». Oui, le phénomène hexagonale est de passage dans le Nord, quelques mois après voir souillé l’Aéronef avec son flow majestueux. Alors, le grand ado de 24 ans, VALD, suscitant l’émoi partout où il passe, n’a eu trop peu de mal à enthousiasmer le jeune public amassé par centaines devant la Green Room ! Alors, nous ne reviendrons pas sur les paroles controversées de sa musique, mais nous soulignons la pertinence d’un show alliant à la fois bonne humeur et humour bon enfant. Car VALD sur scène, ce n’est pas seulement lui, mais aussi deux de ses amis qui se sont joints à l’aventure afin de l’accompagner aux platines et au chant… Voilà un peu à quoi ressemble un de ses concerts : c’est la débandade, le public, qui connait ses hits sur le bout des doigts, reprend les paroles. Le jeune homme, surpris, ne cesse de montrer son admiration : « En fait, ça aurait été pareil si je n’avais pas été là… ». Il faut dire que les punch-lines issus des titres « Bonjour », « Ma Meilleure Amie » et « Eurotrap » font désormais partie du vocabulaire courant des teenagers. Et puisque l’humour et le second degrés (troisième, voire quatrième chez lui) sont toujours fortement liés, la rédaction n’aura pas eu de mal à discerner l’ironie et l'autodérision dont fait preuve jeune rappeur. VALD n’hésite pas une seconde quand il faut se moquer d’un style que lui-même représente par l’intermédiaire de l’usage de l’auto-tune. Une belle performance pour un musicien qui a pourtant encore tout à prouver en 2017 ! Le choc du deuxième album peut être fatal…

Un petit coup d’oeil sur la Main Stage où se produisent les Afrikaans de Die Antwoord. En quelques mots, une fosse archi-blindée, provocation et sonorités électroniques et rapées. À vrai dire, l’intemporalité et l’absurdité du concert font mouche. L’intérêt de ce dernier repose aussi bien sur les animations décalées organisées sur scène que les musiques… Sur des tranches telles que « I Think U Freeky », « Baby’s On Fire » et « Enter The Ninja », les canons à fumée accompagnent des protagonistes accoutrés de déguisements pour le moins curieux. Malgré une performance d’assez bonne facture dans l’ensemble, nous ne comprenons pas trop l’intérêt artistique d’une telle formation, si ce n’est qu’elle véhicule une folie sans bornes. Vraiment, on ne comprend pas.

 

(photos en attente de validation par Major Lazer)

 

Kungs fait trembler le dance floor à coups de « We Are Your Friend VS Deep Down Low », et c’est déjà au tour de la tête d’affiche, Major Lazer de donner une suite aux hostilités. Il est déjà l’heure pour nous de rentrer chez nous et de reprendre nos forces pour la dernière journée de cette édition 2017 du Main Square !