Machine Head - Catharsis

La sortie d’un nouveau Machine Head c’est toujours très excitant ! Toujours chez Nuclear Blast, ils nous présentent leur toute nouvelle galette intitulée Catharsis. Pas super bien accueilli par les fans j’ai pris le temps et le recul nécessaire pour l’écouter et le chroniquer. 4 ans après la sortie de Bloodstone & Diamonds découvrons ensemble vers quoi le groupe a évolué.

Line-Up :

- Robb Flynn : Guitar/Vocals
- Phil Demmel : Guitar
- Jared MacEachern : Bass
- Dave McClain : Drums

La Catharsis est une libération de la parole, la séparation du bon d’avec le mauvais, une épuration des passions par des moyens artistiques. En quelque sorte une manière d’exulter son art, l’exutoire qu’est la musique voudrait donc caractériser le titre de cet album. La philosophie c’est bien, mais est-ce que la profondeur de ce nouvel opus est à la hauteur ? Une première chose me saute aux yeux, la pochette. J’ai déjà vu quelque chose de très similaire dans ma discothèque. Après quelques recherches, Need To Control de Brutal Truth semble avoir était une bonne inspiration ! Le premier titre Volatile commence par un « Fuck the world » bien senti, mister Robb n’est pas content du tout, c’est sur ça va être la guerre ! Hannnn je me suis trompé j’ai mis un nouveau Slipknot dans mon lecteur… Ah mais non ? C’est bien Machine Head… Ok ok ok. Alors monsieur Flynn laissons ça à Corey Taylor, il le fait quand même bien mieux que vous… Je passe au second morceau, ne nous laissons pas perdre dès le premier… Catharsis donc, commence par une intro épique et plutôt bien orchestrée (encore très différente de ce qu’on a l’habitude d’entendre chez MH). Ce titre est plutôt chouette, les parties voix sont intéressantes, et le refrain très accrocheur. Ça reste cependant assez classique mais je suis rassuré pour la suite. Hélas ça n’a pas duré longtemps. Le titre suivant, Beyond The Pale, est pompeux, déjà vu, daté, autant que le titre California Beam. Triple Beam n’est hélas pas mieux.

Je ne comprends pas cette direction que le groupe a pris. Comme s’ils avaient voulu prendre de tout à tout le monde. Un manque d’originalité flagrant et des parties voix qui semblent inadaptés à Flynn… J’enchaine donc avec Kaleidoscope, et décide d’aller voir le clip, on m’en a tellement parlé. A quel moment on décide de faire un clip comme ça ? Je veux dire quand même ce n’est pas les moyens qui doit leur manquer ? Si ? Ce qu’on faisait de mieux dans les années 80 quoi…

Robb peut être ultra fier de son nouveau bébé et de la direction qu’il a pris, comme il le dit lui-même : cet album est brut et représente la rue, et un franc parlé. Mais tout ça c’est surtout une manière de faire passer la soupe non ? L’album est très long, «cinématographique» selon Flynn… Chaque défaut semble avoir un mot plus adapté, et un joyeux embellissement dans sa bouche ! Pour moi l’album est surtout très plat, et manque cruellement de relief et de prises de risques. On peine vraiment à prolonger l’écoute tant il est répétitif et sans surprises.

J’arrive sur le titre Bastards… Oh my fucking god… Ils ont osé… Ce titre est je pense le plus nase de l’album (et de l’année d’ailleurs) et surtout le plus ridicule… Mais pourquoi ? Voilà typiquement le genre de titre qu’il ne fallait pas mettre dans l’album, il est long, autant enlever directement les bouses nan ? Principale qualité de ce titre : l’humour… Enfin je l’espère. On est très loin de la Catharsis, ou alors le titre aussi était une forme de Joke ? On sent une vraie volonté à vouloir passer plus mainstream, mais à vouloir toujours séduire plus large on fini par se mentir à soit même et faire une musique sans âme. 74 minutes de sons d'un banal hallucinant... Vouloir bouffer à tout les râteliers ça ne sert personne au final.

Je conclurai sur ça. Cet album est une grande déception, un concentré de choses décousues et sans profondeurs. On est loin d’un Burn My Eyes ou d’un The Blackening. J’espère sincèrement que tout cela n’est qu’une erreur de parcours et que le prochain album sera plus authentique et plus sincère, car c’est bien ça qu’il manque à celui-ci, la sincérité. Monsieur Flynn il serait temps de descendre un peu de votre piédestal et d’oublier un peu les réseaux sociaux pour vous concentrer sur votre musique. On aimerait vous voir moins sur les couvertures de magazines et plus devant votre instrument à cogité sur de la vraie nouveauté, ou en tout cas du Machine Head comme vous saviez si bien le faire. Je prends rendez-vous pour le prochain en espérant cette fois être surpris et enjoué.