Life Of Agony - A Place Where There’s No More Pain

La carrière de Life Of Agony n’est pas ce que l’on pourrait appeler un long fleuve tranquille, après moult changements de line-up, de break plus ou moins long, d’arrêt clair et net, de re-formation on donnait peu de crédit à la réapparition de L.O.A sur le devant de la scène et encore moins de la sortie d’un nouvel album suivi d’une tournée n’oubliant pas l’Europe. Dont acte et cela pour notre plus grand plaisir car cet album est une très très agréable surprise.

Line Up :

Mina Caputo: Vocals
Joey Z: Guitar
Alan Robert: Bass
Sal Abruscato: Drums

Estampillé Rock Alternatif depuis quelques années Life Of Agony ne renie cependant pas une forme d’attachement au HardCore de Brooklyn notamment dans l’agressivité des riffs et une sonorité globale plus lourde que le terme Rock pourrait laisser supposer.
A Place Where There’s No More Pain s’inscrit totalement dans cette vision d’une musique efficace, puissante, mélodique où les riffs dépotent, les solos s’assemblent avec fluidité, laissant une belle part aux lignes de chant et à la voix de Mina Caputo.
A l’instar de sa comparse d’Against Me (Laura Jane Grace), Mina revendique son statut transgenre amenant sa voix dans cette pluralité identitaire qui lui confère un grain de voix personnel, sincère et prenant. Cette voix qui porte en elle à la fois beaucoup de feeling et d’émotions. Une voix habitée par l’âme de son interprète dans laquelle on ne manque pas de trouver une accointance avec Alice In Chains dans l’approche des associations de voix comme AIC nous en donnait aux heures benies des duos Wayne Staley/Jerry Cantrell. 
Mina Caputo donne a son interprétation un caractère fortement émotionnel le tout nimbé dans une noirceur que l’on perçoit derrière les textes et les lignes faussement enjouées. 
« Meet My Maker », « Right This Wrong » et le titre album « A Place Where There’s No More Pain » placent l’album dans ce qu’il a de plus représentatif, une musique que L.O.A construit autour d’idées simples (mais non basique) préférant l’efficacité d’une rythmique soutenue et de riffs mémorisables à la complexité des structures alambiqués. « Dead Speak Kindly », « A new Low », « Bag Of Bones », « Song For The Abused » tracent leur route dans une atmosphère sombre, pesante. Les riffs lourds se posent pour permettre à l’ambiance de nous prendre dès les premières secondes et de ne jamais relâcher leur étreinte.
Bien au contraire la voix et les interventions mélodiques hypnotiques venant appuyer et enraciner ce sentiment de noirceur.
L’album se termine par la superbe introduction au piano de « Little Spot Of You » sur laquelle vient se poser le texte et les arrangements de cordes. Un titre atypique, épuré s'il en est, mais qui clôt magnifiquement l’album, transporté que nous sommes par la force du texte et l’émotion qui s’en dégage.

Life Of Agony nous propose avec A Place Where There’s No More Pain, un album d’une sincérité qu’il nous sera difficile de prendre à défaut. L’album est d’une efficacité redoutable, encore supérieur à River Runs Red (C’est dire...) . L’énergie est omniprésente et s’associe à la perfection avec la volonté du combo de noicir et d’alourdir son univers, ses thèmes musicaux. A Place Where There’s No More Pain symbolise la convergence quasi parfaite de ce qui fait qu’un album devient incontournable, symbiose des textes, de la musique et de l’émotion qui mettent les musiciens. Life Of Agony est de retour, qu’on se le dise!