Hell Or Highwater - Vista

Derrière le nom peu connu en France de Hell Or Highwater se cache Brandon Saller, le charismatique leader de Atreyu. Le chanteur et batteur forme ce side-project en 2011 aux côtés des membres de Thieves And Liars et de Destroy The Runner. Après un premier LP sorti en 2013, Begin Again, le groupe de rock mélodique revient avec Vista chez Spinefarm Records.

Line-up:

Brandon Saller ( chant)

Kyle Rosa ( batterie)

Joey Bradford ( guitare)

Jon Hoover ( guitare)

Nick Maldonado (basse/synthé)

Pour tous ceux qui à qui le nom de Brandon Saller serait familier, vous l'associez probablement au metalcore d'Atreyu. Or Hell Or Highwater révèle une facette toute différente du multi-instrumentiste californien. En effet, avec cette nouvelle formation issue de plusieurs groupes de la côte ouest, le growl écorché est mis au ban au profit d'un rock mélodieux serti d'une énergie rocailleuse.

Lorsqu'on se plonge au coeur de Vista, on dévouvre un sens de la mélodie à couper au couteau. A l'écoute de "Colors" et de "Walk Out In The Rain" ou encore "Revolution", on est baigné par quelques choeurs lisses mais massifs, qui laissent place par la suite à quelques gros riffs. Le tout surplombé par la voix claire et aiguisée du leader d'Atreyu. "Don't Hate Me" dévoile quant à lui un chant groovy et sensuel surfant sur des guitares délicates endurcies par le rythme des fûts. Même si l'énergie est au rendez-vous, on regrette des refrains un peu trop prévisibles sur des morceaux qui ont pourtant du potentiel. La basse charnue de "Another Good Time" donne un peu plus de texture à cette piste où le groove se déploie progressivement.

Heureusement, quelques surprises telles que "Lighter Than Air" modulent les chansons avec un peu plus de relief mettant en évidence les guitares éthérées. La tessiture sensuelle et puissante n'est pas sans rappeler les pépites du Showbiz de Muse dans ses épanchements. "Blister" ainsi que "Don't Stop, Get Up" font songer à toute une vague rock américaine des années 2000 à l'intérieur de laquelle on intègre Papa Roach, The Used ou encore Taking Back Sunday. "Dame" laisse place à des guitares volubiles et une voix parfois haut perchée sur laquelle s'accorde un rythme dansant et solaire. L'agréable "Pieces" conjugue la douceur cristalline du piano en intro avec la piqûre heavy d'une distorsion maîtrisée. On apprécie les petits riffs acérés qui entrecoupent le phrasé énervé du chanteur sur cette piste. Mais enfin et surtout, c'est le morceau qui a donné lieu au premier clip de l'album qui remporte la palme d'or: il s'agit du bien nommé "I Want It All" sur lequel on ne peut s'empêcher de se déhancher. Ses envolées heavy donnent accès à un paysage sonore fougueux que la voix éraillée rend irrésistible. A l'instar de la pochette de l'opus, on imagine aisément se glisser sur les voies de l'autoroute de l'enfer.

Avec ce deuxième album Vista, Hell Or Highwater produit un résultat satisfaisant sans pour autant nous subjuguer. Le talent des musiciens à l'oeuvre aurait laissé présager des morceaux plus étonnants et fouillés qu'ils ne le sont en réalité. Et si la recette pourrait perdre de son efficacité au cours d'un troisième effort à venir, on ne peut enlever à la formation ce qu'elle possède de riche: un sens du rythme acéré qui se couple à la virtuosité vocale d'un frontman qui n'est plus à prouver.

<iframe width="870" height="500" src="https://www.youtube.com/embed/-5AXzJSPUNc" frameborder="0" allowfullscreen></iframe>