Gohelle Fest 2017

Juste avant les grandes fêtes de Noël, quoi de mieux qu’un dernier concert de l’année, et qui plus dans un festival Métal bien connu dans le Nord et qui organisait pour le coup sa quatrième édition ! Le Gohelle Fest, en ce 16 décembre 2017, comptait bien mettre une nouvelle fois le bordel au Métaphone de Oignies, avec un line-up très solide et qui allait en faire bouger plus d’un. Reporting.

Phazm

À cause des aléas de mon trajet Paris-Oignies, je ne pus commencer ma soirée qu’avec Phazm, groupe de Death/Black arrivant tout droit de Nancy. Et autant dire que, pour une formation que je n’avais jamais écoutée auparavant, mon ressenti fut très bon ! Pratiquant une musique qui me faisait parfois penser à du Goatwhore, les gaillards sur scène véhiculaient au public venu les voir une sacrée patate sur scène. Plutôt stoïques, et ne se contentant que de changer leurs places par moments, les musiciens profitèrent vraiment de la très bonne acoustique de la salle pour insuffler une véritable énergie à leurs morceaux.

Les titres, à la fois très lourds et très sombres, tout en balançant par-ci par-là des accélérations fort bien senties, étaient très accrocheurs. Le chanteur guitariste, très impliqué dans ses textes, n’hésitait pas à haranguer la foule pour l’ambiance. Une foule qui ne se lâchera pas autant que ce que le groupe attendait, même si quelques courageux se permettront quelques hurlements en retour.

Le dernier album était mis à l’honneur, autant dans la setlist que visuellement sur scène, avec de grands panneaux aux couleurs de l’album Scornful Of Icons. Le groupe est bien rôdé sur scène, connaît son sujet et réalise son concert tel un bulldozer en marche. L’alliance de ces guitares froides avec cette double pédale fracassante, quel régal !

Gorod

Il était temps d’accélérer le tempo et de donner LE coup de fouet qui allait lancer la soirée pour de bon ! Faites place, les deathsters bordelais de Gorod débarquent sur scène pour faire mal, très mal ! Bien connus pour leurs sets irréprochables et impitoyables, les gaillards n’y sont pas allés par quatre chemins pour balancer la sauce !

Dès le début, les guitares sont lancées, suivies par une batterie qui balance tout ce qu’elle a. Quelle énergie sur scène, déjà par le son, encore une fois parfait, mais aussi par le chanteur, véritable pile électrique, n’hésitant pas à bouger un peu partout sur la scène pour venir cueillir l’ensemble des encouragements du public, quand il n’est pas en train d’effectuer ses hurlements du diable dès qu’un riff soudain retentit. Même si l’on n’est pas fan de la musique du groupe sur CD, force est de constater que les titres demeurent ultra efficaces sur scène !

La paire de guitaristes, concentrés sur leurs instruments, est depuis bien longtemps rôdée en live, se répondant avec facilité et effectuant leurs riffs, pourtant bien complexes, avec décontraction. Face à la violence de la musique, le public restera néanmoins encore timide, un pogo se créant pour deux trois titres mais qui ne durera pas plus. En tout les cas, Gorod a réussi son show sur scène !

Crisix

Crisix sera-t-il le groupe qui arrivera à chauffer définitivement le Métaphone, et ce grâce à son Thrash Metal sans concession et ultra groovy ? Ma réponse sera sans conteste : OUI ! Les espagnols, pratiquant un Thrash/Crossover des plus efficaces, ne pouvaient que foutre une sacrée ambiance ! Et lorsqu’on les voit sur scène, on comprend pourquoi ! Ça saute partout, ça court, ça brandit sa guitare au-dessus de sa tête, ça hurle, ça encourage… Bref, le groupe, même venant tout droit d’Espagne, en voulait et ça s’est vu !

Cela faisait un bon bout de temps que je désirais voir les fameux Crisix en live ! Je ne fus pas déçu, tant les morceaux étaient rapides, ultra entraînants et… bon dieu, ces riffs, quoi ! Quel amateur de Thrash n’apprécierait pas ces guitares rapides et tranchantes comme des lames de rasoir ?! Même si le public eut au départ du mal à se lâcher, le chanteur de la formation, bien chevelu comme il faut, n’hésita pas à débrider tout le monde en proposant son lot de circle pits et autres walls of death, auquel je pus participer d’ailleurs.

Lorsque l’on disait que le groupe avait du crossover dans le sang, ce n’était pas pour rien ! Alors que le chanteur descendait de scène pour participer aux pogos, l’un des guitaristes se permettait de se poser sur les épaules d’un membre du public afin de tourner avec lui lors d’un circle pit. Absolument génial ! C’est ce genre de choses qui nous font vraiment apprécier un concert ! Et je ne vous parle même pas des nombreux ballons envoyés par le groupe dans le public, afin de rendre ce concert encore plus fun qu’il ne l’était déjà !

Hatesphere

Après la tornade Crisix, les danois expérimentés de Hatesphere allaient s’occuper pendant une heure de clore cette belle soirée, aidés de leur Death/Thrash Mélodique. Encore un groupe que je désirais plus que tout voir en live, ayant été notamment séduits par leurs premiers efforts tels que Ballet Of The Brute et Bloodred Hatred. Quelle ne fut donc pas ma joie d’entendre résonner dès le début l’introduction du premier album pré-cité ! Malgré un souci technique qui ne nous laissa pas entendre la fin de cette introduction, ‘’Deathtrip’’ allait tout rattraper, tant le titre est dévastateur et ô combien rentre-dedans !

Certes, le son ne fut pas vraiment à la hauteur dans les premières minutes et les musiciens durent quelque peu se caler ensemble afin de bien sonner de manière unie. Après ce début capricieux, le groupe se lança véritablement dans le combat avec le troisième morceau ‘’Vermin’’, plus mid-tempo que le rapide ‘’Deathtrip’’ mais plus lourd. L’accélération guitare/batterie en milieu de titre, dont raffole en général le groupe dans ses morceaux, est juste jouissive !

Le concert a bel et bien débuté, mais une nouvelle fois, le groupe se heurte à la timidité du public, qui aura du mal à bouger sur les titres pourtant rapides des danois. Quelques pogos émergeront par-ci par-là mais pour un groupe comme Hatesphere, ce fut tout de même dommage. Étant posté tout devant, mes cris et mes encouragements en direction du groupe ne suffiront pas, même si le vocaliste eut à plusieurs reprises l’occasion de pointer du doigt le premier rang en remerciement.

Un autre titre que j’accroche beaucoup fit également son apparition en milieu de set, terminant de me rendre frénétique : ‘’Disbeliever’’ et son riff tellement canon ! S’il n’y eut pas ‘’Warhead’’ sur la setlist, les morceaux joués ce soir étaient parfaits ! L’ambiance n’y était pas vraiment mais au moins, je pouvais me dire que j’avais enfin vu les danois en live !

Le Gohelle Fest, de par un line-up très séduisant et une salle disposant d’une acoustique parfaitement adaptée à la musique Métal, m’a vraiment fait passer une très belle soirée ! Certes, la motivation générale du public pourra être discutée, ce dernier ayant été beaucoup trop timide au vu des groupes proposés par l’organisation, mais les performances des formations étaient ô combien réussies. En tout cas, suffisamment efficaces pour me faire vibrer une dernière fois avant les fêtes de fin d’année !