Alcatraz 2017 - Jour 3

Dernière journée de cette édition anniversaire avec pour clore ces trois jours de folie un triptyque dantesque, à savoir Amon Amarth, Paradise Lost et Korn. Mais en attendant ce Trium Virat profitons de ce que cette journée a à nous offrir et c'est du bon , du très bon.

Le trio mythique canadien ouvre cette journée sur la Prison Stage. Quarante ans que les frangins Gallagher rendent hommage à la NWOBHM et les voir sur scène a quelque chose d'émouvant. Ces mecs sont des légendes du Heavy...! et les légendes ont fait le boulot. Avec << On And ON >> et << Rock Until You >> entre autres, on plonge dans un bouillon de Heavy traditionnel qu'on sait efficace et dynamique. Après bien des galères Raven est toujours là, debout, plein de fougue et d'envie. 

La Swamp accueille Carnation pour suivre, combo belge de Death. Carnation va nous donner un set d'une énergie folle. Les compositions bastonnent, y'a pas à tergiverser. La musique de Carnation puise ses fondements chez Obituary ou Entombed entre autres et les gars ont réussi à créer un univers bien personnel, sombre et oppressant, tout en restant dans les traces stylistiques du Death des nineties. Un groupe à suivre de prés!

Un autre groupe de légende foule la scène de l'alcatraz, U.F.O est là et le public a répondu présent à leur venue. Tout le monde attend  << Doctor, Doctor >>, leur hymne et celui-ci sera repris en choeur par un public heureux. Mais avant cela, U.F.O aura déroulé son concert avec sérieux et enthousiasme, trouvant son rythme avec << To Hot To Handle >>, Phil Moog emmène son petit monde et tout sourire, le combo enchaine les titres, rendant le public heureux et comblé.

Les Suedois de Dr Living Dead arrivent sur la scène du chapiteau. Leur musique est un mélange de Trash, de Crossover et de HardCore. On pense de suite à Anthrax, Suicidal Tendencies, Mordred ou encore Sick Of It All. C'est donc un set ultra énergique que va livrer Dr Living Dead. Masqué et bandana sur le front, le quatuor de Stockholm embrase tout sur son passage. Avec des titres comme << Force Fed >> ou << Dead End Life >>, on plonge dans cette atmosphère de Crossover au groove communicatif. Ok les gars n'ont pas la prétention de révolutionner le genre mais là n'est pas leur propos. Dr Living Dead est là pour nous faire bouger et les bougres y réussissent parfaitement bien. 

J'adore Phil Rind, membre fondateur de Sacred Reich avec (entre autres) son comparse Jason Rainey, Oui,  j'adore ce gars, le discours posé et extrêmement respectueux du Monsieur. Sans être donneur de leçon il illumine ses lives d'humanité et son discours positif fait mouche dans le public. Le set d'aujourd'hui prouvera que malgré les années, le combo de Phoenix sait encore manier le Trash qui a fait de lui une référence dans les années 80/90. Les quatre premiers albums seront parcourus avec une intensité jamais prise en défaut. Rien de nouveau donc dans les morceaux mais toujours cette efficacité et ce groove imparable. << Surf Nicaragua >> sera repris et hurlé par la fosse, rendant l'hommage que mérite amplement Sacred Reich

 Une autre pointure pointe le bout de son nez sur la Swamp. Asphyx dont le son envahit l'espace va nous donner une claque de maitrise et d'efficacité. Asphyx sait conjuguer puissance et atmosphères sombres et sous le chapiteau Martin van Druinen and Co se font plaisir en nous offrant une set-list qui remplit son office à tous les egards. << Vermin >> puis << Wardroid >> et  << The Rack >> avec son intro d'outre-tombe ponctuent de façon magistrale un set de bout en bout maitrisé alternant si bien le savoir-faire d'Asphyx. C'est carré, puissant et on ne veut pas que le set s'achève.

Life Of Agony dont le dernier très bon dernier album A Place Where There's No More Pain est sorti durant l'année revient à l'Alcatraz pour cette dixième édition. la douceur de l'intro est trompeuse tant le set de LOA sera redoutable mettant en exergue la facette plus Hardcore des titres. Les émotions sont omniprésentes et la prestation de Mina comme celle de ses complices sera de grande qualité. Bondissant et parcourant la scène en tout sens ils distilleront un des moments forts de ce festival. Faisant la part belle à l'album Rivers Runs Red, ils emmèneront leur fan et les autres dans leur monde où tolérance et reconnaissance de l'autre dans sa globalité sont les maitres mots. Un méga bon moment, un p....n de bon souvenir.

Les maitres du Black atmosphérique au touche prog' entament leur set avec << Death In The Eyes Of Dawn >> et ma foi on sait dès les premiers instants que le concert va être fort en émotions. Le combo va envoyer du lourd avec comme ultime moment un << Ethica Odini >> à foutre la chair de poule tant la spiritualité de ce titre prend en live une dimension quasi mystique. Le concert d'Enslaved sera intense, alternant avec beaucoup de subtilité les moments planant à d'autres où la rage Black d'un << One Thousand Years Of Rain >> ne laissera que peu de sceptiques devant la scène. Enslaved 2017 à l'Alcatraz! Un must! 

C'est au tour de Trivium de débouler sur la Prison. Après un Silence In The Snow paru en 2015 et un peu boudé, la bande de Matt Heafy n'a cependant pas baissé les bras et les voici en cette dernière journée de festival parmi nous. Un show carré et dynamique mais qui manquera peut-être un peu de folie. Arborant un tee shirt d'Amon Amarth, Matt assure le show et la communication avec le public est totale. Donnant le meilleur Trivium enchaine les classiques de son répertoire avec << Rain >>, << Strife >> ou encore le tubesque << In Waves >> mais le tout manque un peu d'âme. C'est super bien joué, de la part de Trivium le contraire aurait surpris mais même si le groupe réussit sans souci à captiver son auditoire il semble parfois que la magie s'efface quelque peu.
Quoi qu'il en soit les neufs titres joués aujourd'hui ont ravi les fans et séduisent les autres. C'est bien là l'essentiel, donc le job est fait. 

Changement d'ambiance totale pour le groupe à suivre sur la Swamp Stage. Place à I Am Morbid pour treize titres issus de la carrière de Morbid Angel. Emmené par David Vincent et Tim Yeung, le quatuor nous proposera une set list que je qualifierai d'historique. Excusez du peu, << Immortal Rites >>, << Blessed Are The Sick >>, << Maze Of Torment >>, << When The Slime Live >> ou encore << Rapture >> pour nous replonger dans le monde unique du combo de Death Metal Technique de Tampa. Mais pas de place à la nostalgie car I Am Morbid est là devant nous et on va en prendre plein les oreilles pour notre plus grand bonheur. Un set furieux qui concrétise la légitimité de la démarche d'I Am Morbid. David a toujours la rage et vit sa musique avec d'autant de force qu'il l'a rendu ce soir quasi immortelle en l'interprétant avec ses nouveaux comparses. 

A nouveau, un changement d'ambiance totale nous fait retrouver Doro. Retour aux ambiances Heavy qu'affectionne la Metal Queen. Le concert est des plus agréables. D'une fraicheur sans égale, Doro semblent prendre un pied énorme sur la scène qu'elle arpente inlassablement. Outre les classiques de son groupe, Doro nous fera la surprise d'interpréter un << Breaking The Law >> que le parterre reprendra à plein poumons. Un show fun et dynamique qui donnera à la chanteuse tout loisir d'asseoir sa réputation de frontwoman tout en laissant de la place à ses zicos. 

Peu de chose à dire du live de Moonspell car au même moment j'étais sur les rangs en mode groupie pour une dédicace de Paradise Lost. Mais de ce qu'on m'en a dit le live des Portugais fût d'un grande intensité.

A peine sorti de la séance de dédicaces et des quelques mots échangés avec Aaron Aedy (Paradise Lost), je prends place pour ce qui sera l'une des toutes meilleures prestations de ces trois jours. Amon Amarth était très attendu et le quintette suédois remplira de joie le public présent ce soir. On a assisté ce soir à un vrai show, un vrai spectacle pas juste à un concert de Metal. Johann Hegg et sa bande ont vraiment pris une dimension à part dans le monde du Metal et la set list de ce soir va rendre honneur à une grande partie de leur discographie. Aucun temps mort, les titres s'enchainent et font mouche à chaque fois. De << Pursuit Of Vikings >>  à << Twilight Of The Thunder Gods >> cela sera la furia. Un live épique et prenant en tout point. Chapeau bas messieurs!

Les premières notes de << No Hope In Sight >> résonnent sous le chapiteau lorsque j'en franchis le seuil. Malgré le passage de Korn dans la foulée de leur set, les Anglais font le plein et distillent leur Death/Doom devant un public radieux. Les classiques résonnent et nous découvrons un nouveau titre à figurer sur le prochain album studio Medusa, << Blood And Chaos >>. Après un << Faith Divides Us - Death Unites Us >>  charismatique et réussi le combo continuera d'enchainer et d'alterner avec brio les titres plus mélancoliques et puissants les uns que les autres. Brillamment exécuté, chacun tirera son épingle du jeu et donnera au chapiteau le temps de la présence de Paradise Lost, la force d'être le réceptacle de la communion entre le groupe et son public. Le live s'achève sur << The Last Time >>. Une chose est certaine, on a hâte de retrouver le combo pour sa prochaine tournée qui risque fort d'être forte en émotion tant le nouveau titre surfe entre les références passées et une dynamique plus contemporaine. Hâte, oui on a Hâte de retrouver Paradise Lost!
La Swamp Stage referme ses "portes" et les techniciens du plateau s'afférent déjà sur celle-ci lorsque Korn fait retentir son tout premier titre pour ce soir, à savoir << Rotting In Vains >> 

Que dire de la prestation de Korn ce soir si ce n'est que ceux qui l'ont loupé, seront passés devant un grand, un très grand moment de musique et de communion. Tout était reuni pour faire de ce final le très grand live qu'il a été. Le retour de Head semble définitivement avoir rendu à Korn la fougue et le charisme dont le groupe semblait manquer. Avec Head, Korn est KoЯn. Jonathan Davis, comme à son hâbitude vêtue d'un kilt va assurer un show d'exception, ses lignes de chant vont déchirer la nuit et transcender une prestation musicale déjà exceptionnelle. La scène est magnifique, intelligemment illuminé de toute part, elle offre à Fieldy et Head les promontoires necessaires à leur envolées instrumentales. Korn est un rouleau compresseur, ces mecs sont des bêtes de scène. Offrant au public ses classiques ( << Blind, Here To Stay >>, << Coming Undone >>, << Freak On A Leash >> and so many more !) les cinq de Bakersfield ont purement et simplement laminé de leur classe cette édition de l'Alcatraz 2017 laissant derrière eux un parterre épuisé mais heureux comme des gamins d'avoir partagé ce moment. Korn est grand, définitivement.

Ainsi s'achève cette édition 2017, une dixième édition qui aura vu de grands noms côtoyer de futurs grands, le tout dans une ambiance toujours aussi cool et familiale. on gardera en mémoire de grand moments de partage musicale. Merci encore à Stephan Birlouez d'among The living pour son partenariat photographique durant cette journée. 

Among The Living

Allez Bye!
See ya les amis!